Maré est la seconde par la surface des îles Loyauté. Elle s'inscrit dans un carré de trente kilomètres de côté et couvre une superficie de 650 km². Sur sa plus grande dimension orientée nord-ouest, sud-est, l’île mesure environ 40 km, entre le Cap Machau (au nord ouest) et le Cap Boyer (au sud-est). Perpendiculairement à l’axe principal, 34 km séparent le Cap Wabao au sud-ouest du Cap Coster au nord-est. Les différents caps qui parsèment le pourtour de l’île à la manière des branches d’une étoile individualisent plusieurs baies sur le littoral. A partir du Cap Machau au nord et en suivant le sens des aiguilles d'une montre, il s’agit de la baie du nord (ou de Waeko), de la baie de l’Allier (la mieux formée), la baie de Wabao (ou de Niri) et la baie de Tadine (Tadine étant en quelque sorte le "village" principal de l'île).
L’île est peuplée de 7400 maréens environ (à plus de 97 % Mélanésiens), soit une densité de population légèrement supérieure à 10 habitants par km² qui se répartissent essentiellement sur la côte. Sur le plan coutumier, Maré est divisée en huit districts : Guahma et Tadine à l'ouest, Wabao, Medu et Eni au sud-ouest, Pénélo au sud-est, La Roche au nord et Tawainedre à l'est. La langue vernaculaire est le Nengone, nom également de l'aire coutumière de Maré. L'ex grand-chef du district de Guahma, Nidoïsh Naisseline, est une importante figure indépendantiste depuis la fin des années 1960. Maré constitue sinon une commune dont le maire actuel est, depuis 2001, Basile Citré.
La configuration de l'île est très particulière. Maré, comme ses voisines Lifou et Ouvéa, est formée de constructions calcaires récifales, massives, d'origine biologique, surélevées, constituées d'algues calcaires (rhodolites) et de madrépores, marques d'une histoire géologique tourmentée. L'île présente la morphologie d'un ancien haut-fond qui a été progressivement soulevé au cours des âges.
Sur le plan géomorphologique, Maré dessine un large plateau central, représentant le fond d'un ancien lagon aujourd'hui émergé, entouré par une couronne de falaises, correspondant à l’ancienne barrière récifale.
Malgré la surface calcaire inhospitalière et le manque d'humus, l'île est recouverte d'une forêt parfois dense. Le littoral s'ourle de bouquets de cocotiers et de pins colonnaires, particulièrement abondants le long des falaises côtières. Le plateau central est, quant à, lui recouvert de forêts entourées d'une savane herbacée, parsemée d'agaves et d'arbustes, qui résulte de siècles de défrichement par le feu et de l'envahissement par des espèces importées.
Au niveau hydrologique, l'île est dépourvue de cours d'eau du fait de la porosité de son substrat calcaire, mais elle renferme une importante lentille d'eau douce en profondeur. Cette lentille représente la seule source d'approvisionnement en eau potable pour les populations (en dehors de l'eau de pluie récoltée dans des citernes). Dénommé « trou de Bône », une ancienne léproserie a existé autour de cette « lentille d'eau ».
In New Caledonia the Kanak identity is a central issue in the claims of members of the independent movement and in local politics. If in the Loyalty Islands (and more especially in the Maré Island) all Maréans claim proudly their Kanak and Nengone (Maréan) identity, the case of the descendants of European colonists settled down since the late 19th century raises a problem. Though they consider themselves as Kanaks and Maréans, the « others » regard them as « Kanak-Maréan colonists ». In New Caledonia where the cleavage between colonists and natives is highly topical, it seems particularly surprising and even unthinkable to be considered both a colonist and a Kanak. This paper studies the case of a family settled down in Maré since the years 1880 which played a first role in the local politics and economy. Its history reveals the roles of matrimonial alliances, uterine bonds and links to land in the process of construction of the Kanak and Maréan identities.
In New Caledonia the Kanak identity is a central issue in the claims of members of the independent movement and in local politics. If in the Loyalty Islands (and more especially in the Maré Island) all Maréans claim proudly their Kanak and Nengone (Maréan) identity, the case of the descendants of European colonists settled down since the late 19th century raises a problem. Though they consider themselves as Kanaks and Maréans, the « others » regard them as « Kanak-Maréan colonists ». In New Caledonia where the cleavage between colonists and natives is highly topical, it seems particularly surprising and even unthinkable to be considered both a colonist and a Kanak. This paper studies the case of a family settled down in Maré since the years 1880 which played a first role in the local politics and economy. Its history reveals the roles of matrimonial alliances, uterine bonds and links to land in the process of construction of the Kanak and Maréan identities.